Khi s'ak seid littératiura ?

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Uinyon ha feid Fòrcy-la

Khi s'ak seid littératiura ? taank-koo gwô morceo khi pou Maurice Sixto, publiyé n'an xxè syèk-la.

Khi zha écrira yheid ?[edite | modifye sous]

Preinmyère qestion pozéa pâr Sartre koncèrnan définisyon ha khi pou acte-la khi pou pwouveid khe ow hou, oy écrih èh' seid fòrmiuléa khi pou mannyère khi suivy-la: « S'ak ow ka dihi kh'écrire ? ». Aouteir ha al toubòrneinman esqissei yeon réponse leigb' ll-l' konsidéreid zha écrira pâ yheid : écrira seid pâ leigb' ow hou, ou peindre, écrira seid pâ leigb' ow hou, ou komposé khi pou miuzik. Garde-byen, kontraireinman ak peintre oubyen ak miuzicyen khi konteintay khi pou preizeintei baegayi-io èh' khi pou qitté spectateir al woêd zha khe y l' vleid, écrivain ha, li, ca guidei lecteir ll-l' ha. Baegail-la khi preizeinté seid pâ plius athô seouleinman baegail-la, mein khi viiny siy.

Une fois que l’écriture a été distinguée des autres formes d’art, Sartre peut passer à l’étape suivante, c’est-à-dire à la distinction, au sein même de l’écriture, de la prose et de la poésie, un point capital dans sa réflexion. On peut résumer la distinction par la formule suivante bien connue: « La prose se sert des mots, la poésie sert les mots ». La poésie considère le mot comme un matériau, tout comme le peintre sa couleur et le musicien les sons. La démarche du prosateur est complètement différente. Pour lui, les mots ne sont pas des objets, mais désignent des objets. Le prosateur est un parleur et « parler, c’est agir » . En effet, en parlant, on dévoile, et, dernière étape du raisonnement, « dévoiler, c’est changer » .

Par cette distinction entre prose et poésie, Sartre a répondu à la question fondamentale du chapitre : écrire, c’est révéler. Révéler, c’est faire en sorte que personne ne puisse ignorer le monde et, dernier pas, si on connaît le monde, on ne saurait s’en dire innocent– c’est exactement la même situation que nous avons avec la loi, que chacun doit connaître afin de répondre ensuite de ses actes.

Après avoir parlé du fond qui définit ce que c’est qu’écrire, Sartre en vient à la forme. Le style, insiste-t-il, s’ajoute au fond et ne doit jamais le précéder. Ce sont les circonstances et le sujet que l’on désire traiter qui vont pousser l’écrivain à chercher de nouveaux moyens d’expression, une langue neuve, et non l’inverse.

À la fin du chapitre, Sartre revient sur l’idée d’engagement, idée sur laquelle il avait commencé son ouvrage en expliquant qu’on ne peut demander ni au peintre, ni au musicien de s’engager. L’auteur conclut que l’écrivain, lui, doit s’engager tout entier dans ses ouvrages. L’écriture doit être à la fois une volonté et un choix. Mais alors, si l’écriture est le fruit d’une décision, il faut à présent se demander pourquoi on écrit. Ce sera l’objet du chapitre suivant.